Résumé de quelques critiques anarchistes contre l’Université (et autres grandes écoles)
Pourquoi cette brochure ?
Pour vulgariser les notions qu’on réserve aux élites, qui m’ont pris plusieurs années à accéder. Pour que vous la passiez à celleux qui croient encore au système, ou qui n’arrive pas à formuler leur désespoir. Pour que vous l’imprimiez et la mettiez sur vos tables de presse. Pour que sa lecture, ou sa simple existence, inspire à agir plutôt qu’à écrire encore.
Parce que le milieu étudiant est essentiel. A vrai dire, c’est plutôt la jeunesse qui l’est, et qui se fait détruire par le système universitaire. Et qu’il faut non seulement le faire savoir mais dès maintenant mettre en pratique des moyens d’y échapper.
Or, la majorité des critiques qu’on retrouve sur l’Université, même mises en avant par des organes prétendument révolutionnaire, sont réformistes. Elles ne s’intéressent qu’aux fonds investis, aux sujets étudiés, aux manières d’enseigner, à la vie sur le campus… Et si elles paraissent légitimes aux premiers abords, elles se montrent bien souvent contre-productives sur le long terme, car elles se font récupérer par le capitalisme et le renforcent malgré elles. On y reviendra.
Alors vient la nécessité d’imaginer une alternative, un moyen non pas d’adoucir le problème mais de vivre sans lui. Une solution radicale. L’anarchisme est un outil à cet effort, par sa capacité à proposer force d’idées, pratiques et non pas juste théoriques, dans une lignée de valeurs anti-autoritaires. Mais ça n’aurait très bien pu ne pas avoir de nom. L’anarchisme peut être présenté de manière dogmatique et universitaire, cela n’a alors plus aucune utilité.
Aussi, je ne suis pas un·e « professionnel·le » du sujet. J’ai étudié un temps déjà trop long à fac (en philo) avant de m’en convaincre d’en partir. Je ne connais parfaitement ni le fonctionnement de l’Université ni la théorie anarchiste. De plus, ce résumé a pour but d’être de la vulgarisation, de rendre accessible ce savoir à celleux qui n’en n’ont pas l’occasion. Donc on va y parler comme on veut, et il y aura beaucoup d’imprécisions. Pour les plus intellos d’entre nous, les ressources plus approfondies sont bien sûr disponible quand il y en a. Mais comprenez que ce n’est pas le but, que de comprendre en profondeur ces idées si ce n’est pas pour les appliquer. Le name-dropping de cette brochure n’est pas pour vous inciter à crâner auprès de vos camarades. Car plutôt que de connaître ce qui est écrit, il est plus judicieux d’y réfléchir sincèrement, voir même concrètement. J’insiste, car ce n’est pas chose simple pour qui est ou a été universitaire.
Bourdieu et Foucault vont nous accompagner dans cette analyse pseudo-sociologique des conditions de créations du savoir, mais on oubliera pas d’aller leur dire d’aller se faire foutre en passant. Comme à tous les « grands » noms, de l’anarchisme ou pas, qui sont d’ailleurs majoritairement des hommes blancs valides etc parce c’est ainsi que fonctionne la production du savoir universitaire et militant. Brûler vos idoles bordel.
Enfin, c’est surtout une incitation à l’action que je veux faire passer ici. Si vous voulez appréhender ces idées tout en conservant le mode de vie larvaire de l’étudiant ou du professeur, grand bien vous en fasse, vous trouverez des textes plus intéressants en ressources. Mais ne soyez pas surpris quand viendra notre rage et notre anarchie.
Plus de textes et de zines sur 100noms.noblogs.org
Vous pouvez aussi essayer de contacter la Coordination d’Actions Critiques de l’Ecole si le projet se lance véritablement, au mail : cacecole [at] proton.me
Néo-Diogène, 2025-2026
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